La Valaisanne a officiellement rempli les critères de qualification pour les Jeux olympiques en descente grâce à sa 13e place à Zauchensee. Il lui reste de la marge, mais la skieuse de 22 ans se rapproche de son meilleur niveau, juste à temps pour le grand rendez-vous de l’hiver. Réaction.

Malorie Blanc se plaît en Autriche. Un an après son incroyable premier podium à Sankt Anton, la Valaisanne a officiellement décroché son ticket pour les Jeux olympiques dans la discipline reine lors de la descente de Zauchensee ce week-end. Même si le super-G, dont elle se réjouissait, a été annulé dimanche à cause de la météo peu clémente, la souriante athlète qui vient de fêter ses 22 ans repart avec un regain de confiance après une première moitié de saison en demi-teinte.

Lors de la descente raccourcie de samedi, « Malo » a terminé 13e, égalant son 2e meilleur résultat dans la discipline en Coupe du monde. Surtout, elle a retrouvé l’agressivité et la fluidité qui lui avaient peut-être manqué à Val d’Isère il y a deux semaines, lorsqu’elle a avoué poser encore « trop de questions ». « Je pense que j’aurais pu faire mieux, mais je prends volontiers ce résultat parce que c’était quand même du bon ski », s’est réjouie la skieuse d’Ayent samedi, après avoir fini à 0″33 du podium. « Même si ce n’est pas une manche parfaite, c’est quand même dans le top 15. Donc c’est super. »

« J’ai pensé à l’année passée »

Il y a un an, Malorie Blanc avait créé la sensation à Sankt Anton en terminant 2e de la descente, alors qu’elle ne prenait que son deuxième départ sur le Cirque blanc. Zauchensee remplaçant cette année la station tyrolienne – les deux stations alternent l’organisation d’épreuves féminines de vitesse –, nombreux étaient ceux qui rêvaient d’un nouvel exploit en Autriche, y compris la Valaisanne elle-même.

« Forcément, aujourd’hui, j’avais une petite pensée pour l’année passée », a-t-elle avoué en rigolant. « Voilà, pas de podium. Mais un gros pas en avant quand même depuis l’année passée, surtout sur la régularité », a conclu celle qui ne compte encore que huit départs en descente en Coupe du monde. Sans monter sur la boîte, la double championne du monde juniors a passé un nouveau cap ce week-end: avec deux top 15 dans une discipline cet hiver, elle est assurée de participer à ses premiers Jeux olympiques le mois prochain en descente en plus du super-G.

« Faire honneur aux victimes »

La reprise des courses et son bon résultat ont aussi apporté un peu de baume au cœur à ses suiveurs, après des semaines difficile en raison du drame de Crans-Montana, à un jet de pierre de là où elle a grandi. « C’était important pour moi de porter un brassard noir », a noté l’Ayentôte qui, comme ses coéquipières en vitesse, n’a suivi que de loin la journée de deuil vendredi en Suisse. « C’est particulier. J’ai le retour de mes parents qui sont sur place, et dans la région, l’ambiance est lourde. J’essaie d’être avec eux par la pensée et je leur envoie tout mon courage », a assuré la jeune skieuse. « Mais à la fin, il faut se concentrer aussi sur ce qu’on fait, vivre le moment à fond et donner le meilleur de soi. Je pense que c’est aussi une belle manière de faire honneur aux personnes qui ont disparu. »

Malorie Blanc aura l’occasion de le démontrer une fois de plus à Tarvisio, et surtout à Crans-Montana, lors des prochaines épreuves de vitesse féminines. Et maintenant qu’elle est de nouveau sur la bonne voie, qui dit si elle ne signera pas un nouvel exploit en février, cette fois-ci en Italie?

Sim Sim Wissgott, Zauchensee