Robin Cuche a cueilli une quatrième et dernière médaille lors du slalom des Paralympiques. Le Neuchâtelois a complété sa collection avec le bronze de la dernière épreuve à Cortina d’Ampezzo. Réaction.
La collection est complète pour Robin Cuche. Le Neuchâtelois va rentrer au pays avec toute la panoplie de médailles. Après l’or de la descente et du super-G, l’argent du géant, le voici bronzé en slalom. « J’aurais même pu avoir une cinquième médaille sans mon élimination en combiné », se marre l’un des grands hommes de ces Jeux paralympiques de Milan-Cortina. « Non, je suis vraiment content de ce que j’ai accompli. Franchement, je pensais que ça allait être compliqué et au final, ça passe. J’ai toutes les couleurs maintenant, c’est sympa aussi d’avoir le set complet. »
Pour conquérir une quatrième breloque, le skieur de Saules a dû se retrousser une dernière fois les manches. Seulement 6e après la première manche, il a su sortir une brillante performance sous les giboulées et le brouillard pour monter sur la troisième marche du podium, derrière le Russe Aleksei Bugaev et le Néo-Zélandais Adam Hall. « Je savais que je n’étais pas encore complètement hors du coup. Avec une seconde de retard sur le podium, tout pouvait arriver. » Robin Cuche est donc le skieur, dans la catégorie debout, le plus médaillé des Jeux, puisque dans le petit duel qu’il menait avec le Français Arthur Bauchet, il a vu son rival commettre une grosse faute sur le premier tracé et abandonner ses espoirs de médaille.

Pouvoir vivre de son sport
Reste à savoir si l’athlète de 27 ans sera encore présent dans quatre ans en France, après avoir enfin réussi à remporter des médailles paralympiques pour sa quatrième participation à l’événement. « Pour l’instant, ce n’est pas au programme. On ne sait jamais », souffle celui qui a également remporté ses premières médailles d’or dans un grand rendez-vous après avoir collectionné cinq médailles d’argent aux Championnats du monde par le passé. « Je ne dis pas non à 100%, mais je dis quand même plutôt non. Je vais déjà essayer de profiter de l’année prochaine avec les Mondiaux en France. Pour le reste, il faudra voir avec les sponsors, la motivation et aussi comment évolue mon genou. »
Justement, ses succès vont lui permettre de mettre un peu de beurre dans les épinards. « En Coupe du monde, on ne gagne rien. Donc là, c’est vrai qu’avec les primes de Swiss Paralympic, ça fera un peu de bien pour la saison. Avec quatre médailles, ce n’est pas autant que ce que touchent les Français ou les Italiens. Mais ça fait quand même du bien. » Avec l’espoir pour l’athlète de pouvoir progressivement vivre de ses exploits, lui qui travaille à 40% et qui avait abaissé ces derniers mois son taux d’activité professionnel pour mettre toutes les chances de son côté en Italie. « J’aimerais pouvoir vivre du ski paralympique et ne plus devoir me battre chaque saison pour savoir si je vais recevoir de l’aide de telle ou telle association, du canton ou de l’aide sportive, pour toucher un peu d’argent et arriver à zéro en fin de saison entre les rentrées et les dépenses », explique-t-il, en espérant pouvoir attirer de nouveaux partenaires.
Un dernier honneur à la cérémonie de clôture
Mais avant de penser à son avenir sportif et financier, Robin Cuche va profiter une dernière fois de ces Jeux paralympiques. Comme à Pékin, il y a quatre ans, le Neuchâtelois aura l’honneur de porter le drapeau suisse ce soir dans la Curling Arena de Cortina d’Ampezzo où aura lieu la cérémonie de clôture. Un drapeau rouge à croix blanche qu’il aura porté bien haut durant ces dix derniers jours.
Johan Tachet
