Une préparation intelligente et ciblée a permis au Valaisan de réaliser une démonstration sur la patinoire de Schladming lors du géant nocturne mardi soir. Le skieur d’Hérémence monte en confiance, et ses entraîneurs prédisent déjà des belles choses pour les semaines à venir. Réactions.

Loïc Meillard est en pleine confiance en ce moment, mais surtout, on sent une joie et une émotion chez le skieur d’Hérémence qu’on a rarement vu par le passé. Déjà après sa 2e place en slalom de Kitzbühel, son sourire était énorme. Mardi après sa démonstration à Schladming, on a de nouveau senti l’énorme satisfaction que le travail et les choix qui ont été fait ces dernières semaines avaient payé.

Le Valaisan a survolé la Planai, signant le 2e meilleur chrono des deux manches, pour s’offrir sa deuxième victoire en géant dans la station styrienne après 2023. « Je savais que je devais tout donner. Je n’avais pas le droit de retenir quoi que ce soit et c’est ce que j’ai fait », a résumé le skieur d’Hérémence, allant même jusqu’à qualifier sa seconde manche de parfaite s’il n’avait pas fait une ou deux petites erreurs. La piste bien glacée a parfaitement convenu à ses qualités, alors qu’elle a surpris beaucoup d’autres skieurs. Mais cette victoire a surtout prouvé que sa préparation avait été correcte, y compris la décision de ne pas disputer le super-G de Kitzbühel ce week-end. « Je sais qu’en ce moment, le ski se met gentiment en place. On a bien travaillé la semaine passée, on a fait le bon choix de ne pas aller faire de super-G, de faire un peu d’entraînement en géant et en slalom et je sens que je commence à me sentir plus à l’aise sur les skis et à avoir la confiance. »

« Il a skié pour gagner »

Loïc Meillard est connu pour son ton mesuré, même après des grosses victoires. C’était donc à son entraîneur Julien Vuignier de laisser éclater sa joie. « Je suis fier de lui, de comment il a skié la deuxième manche. Il a vraiment attaqué pour aller gagner cette course, il a skié pour gagner, et là il a mis tout le monde d’accord », s’est réjoui le Valaisan, qui avait d’ailleurs créé le second tracé. « Loïc, aujourd’hui, il a prouvé que sur la glace, il est le meilleur du monde. »

L’Evolénard a aussi relevé l’excellent travail effectué cette dernière semaine à l’entraînement. « On a pu construire sur 3-4 jours, comme on l’a fait avant les Mondiaux l’année passée. On voit que chez lui, c’est ce dont il a besoin. Des fois, à courir après les courses, on perd du temps, on ne peut pas construire. Mais quand on construit, ça va super bien. C’est vraiment un résultat de la construction de la semaine passée. » Ayant lancé l’hiver de façon décevante, Loïc Meillard a su où mettre les accents qu’il fallait. « Il manquait des jours de ski au début de la saison, mais on ne s’est pas trop excités, on a remis l’ouvrage sur le métier, puis il s’est monté crescendo », a noté son entraîneur. « Maintenant je pense qu’il est parti pour s’amuser le reste de l’hiver. »

Loïc Meillard aura une nouvelle chance de briller à Schladming lors du slalom nocturne de mercredi. « Je sais que la forme est là en ce moment », s’est réjoui le champion du monde. « Maintenant, ce sont des longues soirées, on ne dort pas très bien derrière et c’est un nocturne, donc le lendemain, il y a tout qui fait un peu mal le matin. Il va falloir mettre le corps en route et c’est ça qui sera important. »

La fatigue de Marco Odermatt

Si un programme réduit a permis de Loïc Meillard de s’illustrer à Schladming, l’emploi du temps très chargé de Marco Odermatt ces derniers jours a semblé enfin avoir des répercussions. Le Nidwaldien a réalisé deux manches solides mardi soir pour terminer quand même 4e, mais il manquait la petite étincelle qu’on voit d’habitude chez le champion. Ce n’était pas juste l’écart de 1″26 qu’il a eu sur son coéquipier valaisan: même avec le sourire dans la zone mixte, on l’a senti encore un peu dégonflé après sa déception en descente à Kitzbühel. Ou peut-être était-ce juste la fatigue.

« C’est sûr que ça joue un rôle. Et sur des courses nocturnes, c’est toujours difficile d’atteindre le bon niveau de tension, en tout cas pour moi. Donc ce n’est pas toujours facile ici », a admis celui qui s’était pourtant imposé ici en 2024 et a fini 3e l’an dernier. Comme beaucoup, il a été surpris par les conditions de la piste, qui ressemblait plutôt à une patinoire. « Sur les 5-6 derniers géants on a eu des conditions de neige très faciles. Ici, ce sont des conditions difficiles sur une neige glacée, en fait, non, c’est juste de la glace! Il a fallu s’adapter. » Le champion de Buochs n’aura pas le temps de se reposer: après les classiques autrichiens, il devrait se rendre sur le Haut-Plateau pour la descente masculine de Crans-Montana dimanche.

Sim Sim Wissgott, Schladming