Le nouveau papa a dû un peu revoir sa préparation cet été. Mais avec un nouveau collaborateur à ses côtés et après un excellent camp d’entraînement en Nouvelle-Zélande, le skieur d’Hérémence est en pleine forme à la veille d’une saison où il aura la tâche épineuse de défendre un titre mondial à deux pas de chez lui.

Deux choses ont un peu bouleversé la préparation estivale de Loïc Meillard. Pour commencer, il a changé de préparateur physique. Et puis, il est devenu papa. Le skieur d’Hérémence n’en est pas moins en grande forme et est prêt à attaquer la nouvelle saison, avec à la clé des Championnats du monde à domicile où il défendra son titre en slalom.

Après une saison fulgurante où il s’est offert une panoplie complète de médailles olympiques, cela peut paraître étrange que le Valaisan ait choisi d’explorer de nouvelles pistes de collaboration. Mais le timing était idéal, a expliqué le skieur de 29 ans lors de la traditionnelle journée médiatique de Swiss-Ski à quelques semaines de l’ouverture de la saison. Après 10 ans avec Patrick Flaction, il était temps pour « un petit renouveau », avec dans l’idée aussi d’assurer la continuité pour les années à venir. « On n’a pas réinventé la roue », a expliqué celui qui travaille désormais avec Andrea Viano. « Il y a juste peut-être quelques exercices qui changent par rapport à ce à quoi j’étais habitué. Et ça donne un peu de motivation dans les entraînements qui, avec les années, peuvent devenir un peu routiniers. »

Travail et vie de famille

Le fait de devenir papa – d’une petite fille née fin mai – a aussi apporté des changements, avec des entraînements plus concentrés et plus longs en début de journée, histoire de pouvoir profiter de temps en famille dans l’après-midi. La vie d’un skieur comprend toutefois de longues semaines loin de chez soi et Loïc Meillard gère cela avec son professionnalisme habituel. « Je sais que c’est comme ça, il faut faire avec, il n’y a pas trop le choix. C’est clair, ça fait un petit peu mal au cœur les premières minutes. Et après, on se met vite dans le mode, c’est l’entraînement, c’est notre job. » Le fait que sa femme Zoé Chastan, responsable de la communication chez Swiss-Ski, connaisse bien ce train de vie facilite les choses.

Champion du monde et champion olympique, Loïc Meillard n’a plus rien à prouver à personne. Avec ses problèmes de dos sous contrôle et après un excellent camp d’entraînement en Nouvelle-Zélande, où il a pu skier dans des conditions très variées, le skieur d’Hérémence est peut-être mieux préparé que les dernières années à affronter la nouvelle saison. « Je me sens bien, je suis en forme, et j’ai pu construire de meilleures bases que l’année dernière en Nouvelle-Zélande. J’ai vraiment pu skier tous les jours et profiter des conditions. » Seule petite déception: la pluie l’a empêché de s’entraîner en super-G dans l’hémisphère sud. En début d’hiver, le Valaisan se concentrera donc sur le slalom et le géant, mais il n’exclut pas un départ ou l’autre en super-G plus tard dans la saison.

Aucune pression à Crans-Montana

Les pieds toujours fermement sur terre, Loïc Meillard se réjouit des Mondiaux en Valais en février, en présence de sa famille, de ses amis et de ses fans, mais il ne se met pas la moindre pression. Il faut dire que le spécialiste des grands rendez-vous a le don de rester cool dans les moments importants. Même si à Crans-Montana, il sera défenseur du titre – 10 ans après ses premiers Championnats du monde à Saint-Moritz. « Ça aide certainement que ces dernières années, j’ai toujours décroché des médailles aux Mondiaux. Je sais que j’en suis capable, je sais ce que j’ai à faire. Mais je sais aussi qu’un grand rendez-vous viendra où je ne gagnerai aucune médaille. Et c’est ok, ça va arriver. Les médailles que j’ai, personne ne peut me les prendre. Du coup j’ai un peu moins de pression et je vais pouvoir profiter de ces Mondiaux à la maison. »

Le rêve du Globe

Une seule chose manque encore au skieur d’exception: un Globe de cristal. Cela reste « un rêve et un objectif », a assuré le skieur, mais de nouveau, il ne se focalise pas là-dessus. « C’est juste là, dans un coin de ma tête. C’est ce qui me motive à travailler dur, à continuer à essayer de progresser. » Prochain rendez-vous: Sölden la semaine prochaine.

Sim Sim Wissgott, de retour de Dübendorf