Deux ans après son incroyable doublé en descente à Kitzbühel, le Français était de retour dans la station tyrolienne cette semaine pour jeter un coup d’œil à cette redoutable Streif, renouer avec les collègues et revivre les émotions d’un des week-ends les plus spectaculaires sur le Cirque blanc. Entretien.

Il s’agit d’une des images marquantes de Kitzbühel ces dernières années: Cyprien Sarrazin, sautant sur les barrières de protection pour hurler sa joie après avoir remporté sa 2e descente en deux jours sur la Streif il y a deux ans. Cette année, le Français était derrière les barrières, en tant que spectateur, alors qu’il travaille encore sur un retour potentiel à la compétition à la suite de son affreux crash à Bormio en décembre 2024. Mais les émotions étaient tout aussi fortes, surtout avec l’étonnant podium d’un de ses compatriotes, Maxence Muzaton, 3e.

Cyprien Sarrazin, qu’est-ce que ça fait d’être de retour à Kitzbühel, deux ans après votre énorme doublé, mais sans être au départ cette fois-ci?

Les émotions de l’autre côté, elles sont incroyables, en fait. Quand j’ai gagné, je me suis rendu compte que c’était incroyable. Mais de l’autre côté, c’est encore quelque chose d’autre. Et Mumu (ndlr : Maxence Muzaton), c’était magnifique le spectacle qu’il nous a donné. J’ai dit que c’est l’année pour Mumu, j’ai annoncé son podium. Et il l’a fait! Il l’a enfin fait. Demain, je n’aurai plus de voix. Ce soir, ça risque d’être sympa aussi. Trop beau. Ça m’a foutu les frissons. Et puis, d’avoir passé un peu la semaine avec l’équipe: je n’ai pas trop interféré, mais j’ai voulu donner de la « good vibe » (ndlr: une bonne énergie), tout le monde était content de me voir, et je me suis régalé aussi. C’est un beau show: même de l’autre côté, c’est magnifique.

Vous vous êtes livrés à un duel spectaculaire avec Marco Odermatt il y a deux ans. Cette année, Giovanni Franzoni lui est passé devant. Une victoire sur la Streif semble encore lui passer à côté.

Ça fait des années qu’il l’annonce, il ne s’en cache pas. Et là, de passer pas loin encore cette année, ça doit commencer à le titiller. Il y a moyen que ça l’énerve un peu. Mais bon, c’est le seul truc qui lui manque dans sa carrière, sinon il a tout gagné, donc il faut bien qu’il galère un petit peu (rires). Non, il a fait un grand show. Et il va revenir, il n’est pas près de s’arrêter. Franzoni est sur une autre planète en ce moment. Il est dans le flow. Ça se joue à rien et c’est ça, la beauté de ce sport.

Le podium de Maxence Muzaton, la victoire de Giovanni Franzoni: Kitzbühel sait livrer des sensations. Ça doit vous donner encore plus l’envie de revenir.

Oui, il n’y a qu’ici qu’on vit ça. Et ça donne l’eau à la bouche, c’est certain. Dès le début de semaine, c’était incroyable de revoir tous les athlètes, tous les coachs, tout le monde autour. J’ai eu un accueil incroyable. Franchement, la vie est belle. Je suis heureux en ce moment. Où que ça me mène par la suite, c’est déjà ouf d’être là et de pouvoir profiter avec les collègues.

Sim Sim Wissgott, Kitzbühel