Journée mi-figue mi-raisin pour l’équipe de Suisse de vitesse lors du super-G de Wengen. Côté romand, Alexis Monney (19e) et Justin Murisier (28e) sont notamment passés à côté. En revanche, la course a bien tourné pour Franjo von Allmen, 3e à « domicile ». Réactions.
Franjo von Allmen enchaîne une deuxième 3e place de suite en super-G, et celle obtenue ce vendredi à Wengen est encore plus spéciale que celle glanée à Livigno entre les Fêtes de fin d’année. « C ’est vraiment génial de faire podium ici, à la maison. Je suis content de pouvoir enfin montrer ce que je vaux en super-G, après un début de saison un peu compliqué », a tout d’abord avoué le Bernois, qui a notamment connu deux éliminations à Beaver Creek, puis à Val Gardena après des chutes spectaculaires.
Le skieur de Boltigen aura une deuxième chance de s’illustrer samedi avec la descente, mais Giovanni Franzoni, le vainqueur du jour, semble en feu. L’Italien avait déjà remporté les deux entraînements mercredi et jeudi sur le Lauberhorn. « J’ai demandé à Franzoni ce qu’il avait mangé ces derniers jours, mais il n’a pas voulu me le dire », rigole Franjo von Allmen. « C’est un gars super cool, il a le même âge que moi. Honnêtement, aujourd’hui il mérite sa victoire, il a vraiment trouvé les clés dans le passage décisif. »
Marco Odermatt, le regard déjà tourné vers la descente
En parlant de clés, Marco Odermatt (4e) a bien failli les trouver. Ça s’est en effet joué à très peu de choses entre le ‘Canadian Corner’ et le ‘Brüggli S’. « Je fais une petite erreur dans le passage clé. Et du coup, je n’emporte pas assez de vitesse avec moi. C’était fatal. J’étais même surpris de voir que j’étais au pied du podium à l’arrivée », a révélé le champion du monde de la discipline, tout sourire à l’arrivée.
Le Nidwaldien adore courir sur le Lauberhorn, mais il y avait un bémol en ce vendredi. « Malheureusement, la piste n’était pas très bonne aujourd’hui dans le secteur du ‘Haneggschuss’. C’était presque un peu dangereux, il faisait sombre, et à ces vitesses, c’était vraiment difficile. Mais comme toujours, c’est magnifique de skier ici à Wengen. Je me réjouis déjà de demain pour la descente, c’est LA course. »
Journée difficile pour les Romands
Ça s’est beaucoup moins bien passé pour Loïc Meillard, Justin Murisier et Alexis Monney. Tous les trois se classent hors du top 15. Le Fribourgeois (19e) n’a jamais trouvé la solution: « Je ne sais pas trop quoi dire, je ne sais pas vraiment ce que j’ai fait de faux. Mais je pense que j’ai été un peu trop gentil de haut en bas, j’ai peut-être fait un peu trop de chemin un peu partout et je n’ai pas pris la vitesse là où il fallait », s’est-il exprimé à chaud. Le natif de Châtel-Saint-Denis ne panique cependant pas une seule seconde: « On ne peut pas dire que je me sentais mal sur les skis. C’est juste que je me suis mal adapté à la manche. Je vais analyser ce que j’ai fait aujourd’hui et essayer de passer le plus vite possible à autre chose. On verra demain…»
Et oui, demain est un autre jour. C’est également le cas pour Justin Murisier (28e) qui termine à près de 3 secondes du vainqueur transalpin. « L’analyse est assez vite faite. Je n’avais pas le niveau pour jouer tout devant aujourd’hui, mais je devais faire mieux que 28e. Je fais quand même un ou deux bons secteurs…» Insuffisant pour le Bagnard, qui s’est ensuite plaint des conditions, comme son grand copain « Odi »: « La visibilité était très difficile à certains endroits. On ne voyait plus où on allait en fait.»
La fin des espoirs olympiques pour Justin Murisier?
Si on regarde à plus long terme, cette contre-performance vient quasiment annihiler toutes chances de voir Justin Murisier au départ du super-G olympique: « On est dans une équipe dans laquelle on sait qu’il faut faire des podiums pour aller aux Jeux. Mais il n’y pas que les JO dans ma saison. Si j’arrive à accrocher quelques bons résultats en fin d’hiver, ce sera aussi super.»
Et pourquoi pas dès samedi pour la grande descente? Enfin, grande, rien n’est moins sûr car le fameux « Guggifoehn » pourrait bien faire son apparition et obliger les organisateurs à raccourcir le tracé. «Personnellement, j’aimerais bien qu’on parte d’en haut. Je suis souvent très bon quand ça devient difficile, quand c’est dur pour les jambes. J’ai souvent des bons derniers secteurs ici. » Il y a de le revanche dans l’air pour Justin Murisier et ses coéquipiers.
Guilhem Bonnac, Wengen
