Le Genevois s’est démêné avec son matériel, avec une piste changeante et avec un tracé tortueux lors du slalom nocturne de Schladming. Ayant de nouveau laissé passer un bon résultat, sa frustration était évidente. Tout comme chez ses coéquipiers, y compris Loïc Meillard, encore vainqueur la veille, mais sans points mercredi. Réactions.
Un tracé tournant, exigeant, des conditions difficiles: la Planai de Schladming a créé un véritable casse-tête pour les slalomeurs suisses mercredi. Tanguy Nef, 9e, était frustré d’avoir de nouveau laissé passer un bon résultat à cause d’une grosse faute. Loïc Meillard, après une victoire et un podium en Autriche, n’a pas non plus caché sa déception après une étonnante sortie. Quant à Daniel Yule et Ramon Zenhäusern, ils cherchaient encore des réponses à de nombreuses questions.
Toujours des fautes
« Je pense que c’était la course la plus difficile de la saison jusqu’à maintenant », a noté Tanguy Nef, qui s’est démêné avec son matériel avant la première manche, mais a aussi relevé les conditions complexes, avec une neige changeante tout le long de la piste, et le second tracé compliqué de l’entraîneur du Brésil, Mike Pircher. « C’était une deuxième manche très exigeante, il ne fallait pas lâcher un virage, » a noté le Genevois, qui a commencé très fort avant de commettre une grosse faute qui lui a coûté cher. « Ça me met un peu en paix de voir que je n’aurais pas pu être sur le podium, mais je pense que j’aurais pu vraiment être 4e ou 5e avec la manche que j’étais en train de faire. C’est frustrant, mais j’aurai ma revanche. »
Le skieur de 29 ans a été très régulier cet hiver, se classant sept fois dans le top-10 sur 10 courses. Mais des erreurs presque à chaque étape l’empêchent toujours de finir plus près de, ou même sur, le podium. « J’ai fait deux manches solides à part la grosse faute. Pour gommer ça, c’est encore de l’acharnement et du travail », a-t-il conclu mercredi.
« La déception est grande »
Chez Loïc Meillard, la déception était grande après sa magnifique victoire en géant mardi, surtout sur une piste comme il les aime. « C’est exactement ce qui me convient, où je peux montrer du bon ski. Je pense que la déception en est d’autant plus grande », a regretté le Valaisan, qui semblait parti pour un nouveau podium lorsqu’il a mal pris un virage. « Je n’ai pas bien skié et donc je n’avais pas la bonne ligne »; a-t-il résumé. La satisfaction de ce qu’il a accompli ces derniers jours reviendra, mais « en ce moment, ça paraît très lointain et c’est la déception qui prend le dessus. Il faudra quelques jours pour se reposer et passer par-dessus », a avoué le skieur d’Hérémence.
« Un combat de haut en bas »
Daniel Yule, 17e, était aussi très critique envers lui-même. « Je pense qu’il y avait quelques bonnes sections, mais dans l’ensemble, je n’avais pas vraiment le ski aujourd’hui, » a-t-il noté en qualifiant aussi le tracé en deuxième manche d' »exigeant » et lent. Il y a trois jours à Kitzbühel, le skieur de La Fouly s’était réjoui d’avoir pu libérer son ski. Mais mercredi soir, on aurait dit qu’il avait mis le frein à main. « Je n’ai pas vraiment réussi à prendre le rythme. Du coup, c’était un combat de haut en bas. »
Après quelques jours à la maison pour se remettre de ce mois de janvier chargé, les slalomeurs repartent déjà la semaine prochaine pour l’Italie pour s’entraîner avant les Jeux. Et Daniel Yule a du pain sur la planche. « Je pense qu’il y a du boulot avant de repartir pour les Jeux, il faut corriger quelques éléments: de vraiment avoir cette confiance de mettre le ski sur la taille pour faire un virage propre, même si à peu de vitesse, même si c’est tournant. »
« Pas trouvé le rythme »
Ramon Zenhäusern, lui, n’ira pas aux Jeux. Mais le Haut-Valaisan, 20e, doit aussi trouver des solutions, lui qui avait terminé 2e du slalom nocturne de Schladming il y a trois ans. « La deuxième manche tournait pas mal. Ce n’est pas une excuse, j’avais toujours aimé ça à l’époque. Mais je n’ai pas réussi à retrouver le rythme que je voulais avoir. » Peut-être que les quelques semaines de plus qu’il aura par rapport à ses compatriotes qui vont à Milan-Cortina lui permettront de trouver les réponses qui lui manquent.
Sim Sim Wissgott, Schladming
