Marco Odermatt a rassuré sur son état de santé à trois semaines du premier géant de l’hiver. Le Nidwaldien entend monter en puissance pour être performant lors des classiques de janvier, puis aux Championnats du monde de Crans-Montana, tout en veillant à gérer un calendrier qui peut vite devenir surchargé.
C’est un Marco Odermatt, au pas alerte et avec un sourire aux lèvres, qui s’est présenté mercredi devant la presse. Il y a cinq semaines, le Nidwaldien avait dû repousser son départ à Valle Nevado au Chili, après des douleurs à une hanche. « C’était une petite blessure », tient à rassurer le quintuple vainqueur du grand Globe de cristal. « Cela a été davantage exposé publiquement parce que je n’ai pas pu partir au Chili dans les temps. J’ai tout de même pu m’entraîner plus ou moins selon le plan, même s’il a fallu adapter un peu le programme », note le skieur qui assure toutefois ne pas être encore à 100%. « Je ressens encore une gêne, notamment dans le travail de force, même si l’accent était mis sur le ski en Amérique du Sud. Je vais tester la musculation dès jeudi. »
À trois semaines du coup d’envoi de la saison à Sölden, celui qui s’est imposé lors de trois des quatre derniers géants sur le glacier du Rettenbach n’est pas pour autant inquiet. « Je n’ai plus rien à prouver à personne. Si, à Sölden, cela ne suffit pas encore pour être totalement prêt, alors j’espère que je le serai en Amérique du Nord. » Car l’homme aux 54 succès en Coupe du monde a encore faim de succès. « Le premier objectif est de rester en bonne santé et ensuite de prendre du plaisir et enfin de remporter le plus de victoires possibles. »
Apprendre à se ménager
Dans un coin de la tête, évidemment, « Odi » espère enfin accrocher la descente de Kitzbühel à son palmarès, avant de partir en quête de médailles aux Championnats du monde de Crans-Montana, début février. Pour ce faire, le prodige du ski helvétique ne s’interdit pas de faire l’impasse sur l’une ou l’autre étape du circuit. « Cette saison, le géant de Kranjska Gora est fixé juste après Nouvel An. Il n’est pas certain que je sois au départ en Slovénie. »
En fin de saison dernière, après avoir ajouté trois nouveaux Globes de cristal à sa collection, Marco Odermatt, qui s’aligne en descente, en super-G et en géant, avait laissé entendre qu’il pourrait aménager son calendrier à l’issue du prochain hiver. « Je me suis dit qu’entre les Mondiaux de Saalbach, les Jeux olympiques, puis les Championnats du monde de Crans-Montana, je n’allais pas trop réfléchir et simplement mettre les gaz. Mais la suite, c’est quelque chose à laquelle je vais réfléchir. »
Car le Nidwaldien, qui va fêter ses 29 ans le 8 octobre prochain, n’entend pas non plus s’éterniser sur le circuit comme un Christof Innerhofer qui s’amuse toujours au plus haut niveau à plus de 41 printemps. « J’approche de le trentaine, j’arrive bientôt dans la dernière partie de ma carrière et, avec le volume de courses que je dispute, je ne vais pas continuer encore cinq ans à ce rythme. Est-ce que cela durera encore trois, quatre ou cinq ans ? Je ne le sais pas. » Ce qui laisse toutefois suffisamment de temps pour aller chercher le record des huit triomphes au classement général de l’Autrichien Marcel Hirscher.
Johan Tachet, Dübendorf
