La Valaisanne conclut sa première aventure olympique avec un 10e rang lors du super-G, après avoir malheureusement commis une grosse faute. Sans regret, avec le sentiment d’avoir tout tenté et surtout d’avoir engrangé beaucoup d’expérience pour le futur. Réaction.

Lorsqu’elle a appris mercredi soir par son serviceman qu’elle allait, comme lors de la descente, s’élancer avec le numéro 1 sur le super-G, Malorie Blanc n’a pu s’empêcher d’éclater de rire. « Statistiquement, il y avait quand même une petite probabilité que ça arrive à nouveau. Pour moi, c’était un honneur de pouvoir ouvrir une nouvelle course olympique. J’étais contente de partir dans le premier groupe. Et avec ce dossard, il fallait risquer un peu. »

La Valaisanne a tout tenté lors du super-G des Jeux disputé dans le jour blanc sur l’Olimpia delle Tofane. Une grosse erreur à mi-parcours, alors qu’elle possédait le 2e meilleur chrono à mi-parcours, a mis fin aux espoirs de médaille de la skieuse d’Ayent. Sans regret. « C’était un beau super-G et il fallait jouer et oser. Mais dès que j’ai commis ma faute, je n’ai plus réussi à me remettre dedans. Et sur la fin du parcours, il y avait peu d’endroits pour tenter de reprendre de la vitesse », concède Malorie Blanc, qui termine meilleure Suissesse de l’épreuve en se classant au 10e rang d’une épreuve remportée par l’incroyable revenante Federica Brignone.

Une erreur qui coûte cher pour Malorie Blanc qui était dans le coup sur le haut du tracé. (Christophe Pallot/Zoom)

Des souvenirs plein la tête

Avec encore une 19e place lors de la descente, Malorie Blanc aurait naturellement souhaité réaliser des résultats un peu plus probants pour ses premiers Jeux olympiques. Toutefois, pour la championne du monde juniors en 2024, l’important était ailleurs. « Je savais que j’avais un coup à jouer en super-G. L’objectif premier était d’engranger de l’expérience, je n’étais pas venue avec énormément d’attentes. » Sa victoire en Coupe du monde à Crans-Montana il y a une douzaine de jours n’avait pas changé la donne. Si ce n’est la fatigue ressentie en débarquant en Italie. « Curieusement, j’ai ressenti le contre-coup plus tard. Ne pas participer au combiné a été la bonne décision. Je me réjouis maintenant de me poser un peu à la maison. »

Avec de l’expérience, des pin’s et des souvenirs plein la tête. « C’était sympa de découvrir ce que sont les Jeux. J’ai pu aller deux fois au village olympique. Malheureusement, je n’ai pas pu aller voir d’autres sports, alors que l’on avait planifié avec Camille (Rast) et Mélanie (Meillard). C’est peut-être mon seul regret », poursuit Malorie Blanc, qui va profiter de ces prochains jours pour faire retomber la pression accumulée ces dernières semaines. « Il est important de redescendre émotionnellement et ensuite d’aller de l’avant, car il reste de belles courses cette saison. »

Savourer en Coupe du monde, sans pression

Trois week-ends de courses l’attendent encore à Soldeu (AND), au Val di Fassa (ITA) et aux finales à Kvitfjell (NOR). « Je veux surtout profiter, sans me fixer des attentes trop élevées. Ça ne fonctionne pas quand on raisonne comme ça. Je sais que je peux faire de très bonnes choses et je n’ai rien à prouver. » Un avantage certain pour la jeune Suissesse qui poursuit son apprentissage sur le Cirque blanc, alors que ce n’est que sa deuxième saison parmi l’élite. « C’est quand même cool de se dire qu’il y a quelque chose à jouer sans se mettre de pression. Je vais continuer dans cet esprit-là. »

Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo