Grâce à des fantastiques sauts de Noé Roth et Pirmin Werner, l’équipe de Suisse de saut acrobatique a décroché l’argent olympique à Livigno. Une récompense pour l’immense travail accompli depuis plusieurs années par un duo iconique. Réactions.

Dans le monde du freestyle, ils détonnent. Dans un sport souvent réservé aux gymnastes, Noé Roth et Pirmin Werner ne se prennent pas trop la tête. Très gros travailleurs, ils n’oublient jamais de prendre du plaisir lors de leurs entraînements, dans la grande famille qu’ils forment autour de l’entraîneur national, le père de Noé Michel Roth. Alors les voir récompensés d’une médaille d’argent par équipe, aux côté de Lina Kozomara, est mérité et fait plus que plaisir, au lendemain de l’argent individuel de Noé Roth.

« Je suis simplement fier et heureux », a déclaré le Zougois. « Je savais qu’avec un peu de chance (ndlr: il fallait compter sur des erreurs adverses pour compenser les petites notes de Lina Kozomara), nous pouvions aller sur le podium mais on ne pouvait pas vraiment compter là-dessus. » Le champion du monde en titre savait qu’il devait hausser son niveau, pour espérer ramener un deuxième métal à la maison. « J’aime la pression et j’en ai besoin. C’est pour cela que j’ai choisi un saut difficile. » Pas de calcul, donc, mais une capacité d’être le meilleur au meilleur moment. Respect.

« Un tourbillon d’émotions »

Pour Pirmin Werner, en larmes après avoir manqué une chance unique vendredi lors du concours individuel (5e après une chute et après avoir déjà terminé deux fois 4e à Pékin), le sourire est rapidement revenu. « Ces dernières heures ont été un tourbillon d’émotion », décrit-il. « Mais là, terminer avec une médaille d’argent, c’est juste génial. » Pour lui aussi, pas question de calculer. « L’attaque est la meilleure défense », sourit le Zurichois. « Nous savions que nous devions y aller à fond. Sur le papier, nous n’étions pas favoris mais nous avions la conviction de pouvoir compenser grâce à notre envie, sous pression. » Mission accomplie.

De son côté, Lina Kozomara vit un rêve éveillé, un an après sa médaille de bronze par équipe décrochée aux Championnats du monde de Saint-Moritz. « Je suis sans voix, c’est incroyable et je peine à réaliser », glisse-t-elle d’ailleurs. La skieuse de 20 ans profite d’une génération dorée chez les messieurs avec Noé Roth et Pirmin Werner. Même si son niveau reste très loin de ses homologues masculin, elle fait bien partie de l’équipe vice-championne olympique. « J’ai vraiment essayé de réussir l’un de mes sauts mais c’était compliqué… Heureusement, je savais que les gars pouvaient me sauver et ils l’ont fait! »

Laurent Morel