Si Loïc Meillard et Tanguy Nef ont déjà décroché leur ticket olympique en slalom, il reste deux places à pourvoir entre cinq athlètes dans les virages courts. Avant les trois derniers slaloms qualificatifs pour les Jeux, on fait le point avec les principaux concernés.
Avant le slalom d’Adelboden, seuls deux athlètes suisses ont répondu aux critères de sélection pour les Jeux olympiques dans la discipline. Il s’agit de Loïc Meillard, qui est monté sur le podium à Val d’Isère et à Alta Badia, ainsi que Tanguy Nef, qui s’est déjà classé à trois reprises dans le top 10 cet hiver. Derrière, c’est la bouteille à l’encre. Sur le papier, il reste encore deux tickets olympiques disponibles et ils sont cinq à lorgner ces places. À l’heure actuelle, Daniel Yule, 11e à Gurgl, et Matthias Iten, 10e à Val d’Isère, ont rempli la moitié des critères, qui demandent deux top 15, alors que Marc Rochat, Luca Aerni et Ramon Zenhäusern attendent toujours un résultat de référence.
Mais avec seulement trois slaloms qualificatifs restants, à Adelboden ce dimanche, puis à Wengen et à Kitzbühel, lors des deux prochaines semaines (Schladming arrivera trop tard), le temps commence à presser. « Évidemment on pense aux Jeux. C’est peut-être cliché, mais il faut prendre course après course et les résultats vont suivre », assure Daniel Yule, qui pourrait participer à ses quatrièmes Jeux, et qui apprécie particulièrement les Classiques de janvier. « J’ai de très bons souvenirs, je sais comment aller vite sur ces pistes et j’espère le démontrer », sourit le Valaisan qui a déjà triomphé par le passé sur la Chuenisbärgli et la Ganslern. Ce mois des slalomeurs, le skieur de La Fouly l’aborde avec « un état d’esprit positif ». « Mes résultats depuis le début de la saison sont compliqués, mais je sais que j’ai fait un pas en avant ces dernières semaines. Je le remarque aux entraînements, cela s’est également vu à Madonna di Campiglio sur certains secteurs où je régate avec les meilleurs slalomeurs du monde. Désormais, je dois le réaliser sur deux manches complètes. »
Pour Marc Rochat, c’est: Souviens-toi l’hiver dernier
Pour Matthias Iten, participer aux Jeux serait « un rêve », mais le Zougois évite de se projeter. Pour la révélation de la saison dans l’équipe de Suisse de slalom, il est important de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. « Mon premier objectif est de me qualifier en deuxième manche. Ensuite, tout devient possible. Les deuxièmes manches sont souvent plus ouvertes et si je me qualifie, j’attaquerai. » Matthias Iten retrouve à Adelboden, une piste sur laquelle il avait vécu son baptême en Coupe du monde il y a deux ans. « Franchement, la forme est bonne. J’ai confiance en mes capacités et je sais que je peux aller vite. »
Marc Rochat, qui n’a pas encore marqué le moindre point cet hiver, part d’un peu plus loin. Mais il n’est pas question pour le Vaudois d’abandonner ses espoirs de vivre ses premiers Jeux. D’autant plus que le skieur de Crans-Montana arrive avec davantage de certitudes dans l’Oberland bernois qu’il y a une année, lorsqu’il ne trouvait aucune solution. « J’avais un sentiment d’insécurité et de doute qui m’accompagnait », concède celui qui avait ensuite remporté la médaille de bronze du combiné par équipes avec Stefan Rogentin aux Championnats du monde de Saalbach. « Cette médaille me fait relativiser la situation dans laquelle je me trouve aujourd’hui. Bien sûr, je ne suis pas heureux de ce début de saison, mais je sais ce que je vaux. Et c’est lorsque que c’est compliqué que je parviens à me relever. »
Le slalom en bonus pour Luca Aerni
Déjà qualifié pour le géant olympique, Luca Aerni a moins de pression que ses compatriotes. Le Valaisan pourrait également bénéficier d’un spot en slalom même s’il ne répond pas (encore) aux critères de sélection dans la discipline. Cette situation permettrait aux entraîneurs de sélectionner un athlète supplémentaire en vitesse, sachant que seuls 11 skieurs suisses iront aux Jeux. « Je ne me focalise pas sur une qualification directe en slalom », assure le skieur de Crans-Montana qui brille désormais lorsque les piquets sont un peu moins serrés. « Je me concentre sur le géant et une participation au slalom des Jeux serait un bonus. »
Avec trois slaloms mythiques au programme, ce mois de janvier est celui de tous les rêves et dangers pour les slalomeurs. Il n’y a plus de place aux calculs, il faudra attaquer quoiqu’il arrive.
Johan Tachet, Adelboden
