La Neuchâteloise et le Zurichois ont décroché une splendide médaille d’argent lors du premier relais mixte olympique. Extrêmement heureux de leur résultat, ils se réjouissent également du succès des épreuves à Bormio. Réactions.
Lorsque Marianne Fatton arrive en zone mixte, elle sourit, encore. Et rigole même, à la question de savoir si elle a déjà pu grignoter après son nouvel exploit, deux jours après avoir remporté l’or olympique. « »Je vais commencer à devenir agressive », glisse-t-elle dans un fou rire. Tellement pleine de fraîcheur, comme son sport qui vivait ses première heures olympiques, la Neuchâteloise tenait à offrir une médaille à l’équipe de Suisse et à son binôme Jon Kistler. Mission accomplie, donc. Réactions.
Marianne Fatton: « Une expérience inoubliable »
« Je me réjouissais énormément de recourir, parce que le sprint était incroyable avec toute l’ambiance et les gens qui encourageaient. J’avais même des frissons en y repensant. En plus, j’étais très motivée à l’idée de ramener une médaille pour Jon, qui est tellement fort en sprint et qui aurait très bien pu en gagner une. Je savais qu’on pouvait aller chercher quelque chose pour lui, et ça m’a énormément motivée. Je suis très heureuse de pouvoir partager ça avec lui et je pense qu’on va bien fêter ça ce soir.
Je pense qu’on a tous un peu cru à la possibilité d’aller chercher l’or à un moment. Il y avait du suspense jusqu’au bout et c’était vraiment cool de voir qu’on revenait. À la fin, j’ai vu que je me rapprochais d’Emilie et j’ai eu l’impression qu’elle était un peu fatiguée. Du coup, j’étais vraiment très motivée.
On nous a dit qu’il y avait plus de monde aujourd’hui et, en arrivant, on a tout de suite senti l’énergie dans l’air. Ça met un peu de pression, mais ça donne aussi énormément d’énergie. Ça donne vraiment envie de se dépasser. C’est une expérience inoubliable. J’espère que les spectateurs ont aimé. Aujourd’hui, il y avait un beau spectacle avec une bataille très serrée. J’espère que ça reviendra souvent.
J’espère que le sport va grandir, évoluer et que ces Jeux vont ouvrir de nouvelles opportunités. J’espère qu’on sera encore aux Jeux en France dans quatre ans. Peut-être même qu’on pourra ajouter d’autres disciplines, avec toute l’équipe et les spécialistes de l’individuel par exemple. Ce serait vraiment cool de vivre ça aussi avec eux.
J’aimerais être encore là, oui, tout est possible. Marianna Jagerčíková l’a montré: à 38 ans, elle a été championne du monde en 2023. Donc je pense que tout est possible.
Cet été, avec mon copain (ndlr: qui est aussi son entraîneur), on se demandait si je signerais pour une médaille de bronze et je disais oui tout de suite. Alors deux médailles, dont une en or, c’est complètement fou. »
Jon Kistler: « Un rêve »
« C’est incroyable de partager ça avec Marianne. C’est fou et je ne sais pas trop quoi dire. Après le sprint, j’étais un peu déçu, mais je savais que j’avais la forme et que tout était possible aujourd’hui. C’était tellement un plaisir de courir pour la victoire pendant toute la course. Avoir Thibault (ndlr: Anselmet) juste devant et finir avec la médaille d’argent, c’est fou.
Déjà après le sprint, je savais que ça allait bien se passer aujourd’hui. Et surtout quand elle m’a donné le relais en deuxième position au premier tour, je me suis dit que tout devenait possible. Je voyais Thibault, mais il a creusé un écart jusqu’au début de la deuxième montée. Je savais que je ne pouvais pas suivre sans risquer d’exploser à la fin. J’ai donc essayé de gérer et de revenir avec de bonnes manipulations. Il est très fort et expérimenté, il savait quoi faire. Je me disais qu’une erreur de sa part pouvait arriver, donc j’ai tout donné jusqu’au bout. Mais félicitations aux Français, ils ont été très forts.
Je pense à toute l’équipe nationale, ceux qui étaient sur place et aussi ceux à la maison qui sont derrière nous. On les représentait aujourd’hui, on courait avec eux, et ça fait énormément plaisir.
Les spectateurs dans la tribune avant le départ donnaient déjà des frissons. Et dans la première montée, avec le public très proche, c’était incroyable. C’est quelque chose de spécial dans notre sport: ils sont vraiment proches de nous et nous encouragent pendant toute la montée.
Je pense qu’on a offert un beau spectacle. J’espère que les spectateurs ont autant aimé que moi. Entre le sprint et le relais aujourd’hui, c’était serré et dynamique. Je trouve que c’était vraiment une bonne vitrine pour le ski-alpinisme. Ça donne envie de revenir dans quatre ans en France mais aussi dans huit ans et, je l’espère, peut-être dans douze ans en Suisse.
Une médaille olympique, c’était clairement un rêve. Depuis longtemps, je regarde les Jeux d’hiver et d’été. C’est juste incroyable. »
Laurent Morel, Bormio
