En ce jour de deuil national, toutes les festivités ont été annulées en marge des courses de Coupe du monde d’Adelboden. Même si le programme du week-end reste inchangé, l’atmosphère promet d’être spéciale samedi et dimanche. Mais après le drame de Crans-Montana, il faut continuer à vivre, comme le rappellent les athlètes.

C’est une ambiance particulière qui plane ce vendredi sur Adelboden. En temps normal, la station de l’Oberland bernois serait déjà en fête, les tentes du village du Chuenisbärgli cracheraient du Vogellisi et de nombreux hits de schlager, pendant que les premiers supporters danseraient, verre de bière, de Jägermeister, ou les deux, à la main. La foule se serait amassée ce soir pour saluer Marco Odermatt, Loïc Meillard, Thomas Tumler et Luca Aerni lors du tirage au sort des dossards sous les flocons de neige. Mais les lumières resteront éteintes et seules seront affichées 40 bougies LED sur l’écran géant, en mémoire des nombreuses victimes du drame de Crans-Montana survenu le jour de l’An, qui a fait 40 morts et plus d’une centaine de blessés. En ce jour de deuil national, les organisateurs ont naturellement annulé toutes les festivités qui entouraient les courses d’Adelboden.

« Ce sera un week-end très spécial », confie Luca Aerni. Celui qui est monté sur son premier podium en géant il y a un mois à Val d’Isère est d’autant plus touché par la tragédie qu’il a grandi à Crans-Montana et qu’il habite à Lens, commune limitrophe de celle du Haut-Plateau. « Nous avons entendu des ambulances durant la nuit sans nous douter de ce qu’il s’était passé. Au réveil, c’était le choc. » Luca Aerni avoue que ce drame l’a « beaucoup travaillé ». Le Valaisan a été l’un des premiers à afficher son soutien sur les réseaux sociaux après l’accident. « On y pense encore tout le temps. Mes pensées vont vers les victimes. »

Le sport pour apporter de l’espoir

Il était important pour les athlètes d’en parler. « Nous avons échangé pour pouvoir aller de l’avant », mentionne Loïc Meillard qui « souhaite de la force à toutes les personnes touchées ». Marco Odermatt abonde naturellement dans le sens de son coéquipier. « C’est une situation très difficile, très triste. » Tous les athlètes sont soudés et vont skier avec ce week-end naturellement le cœur un peu lourd. « Peut-être que le sport peut apporter un peu d’espoir et de force aux gens », concèdent les deux skieurs qui rappellent que « la vie doit continuer, même si rien n’est simple ».

Comme tout le pays, tout s’est arrêté à Adelboden à 14 heures ce vendredi pour rendre hommage aux victimes sous les giboulées de neige. Seules les cloches de la station et de la chapelle attenante à la piste du Chuenisbärgli ont retenti. Demain, samedi, la vie et le sport reprendront leur cours. Les organisateurs ont pris la décision de maintenir le programme qui entoure les compétitions, même si un lieu de recueillement sera proposé sur le site. Une minute de silence sera également respectée, avant que les spectateurs, comme les années précédentes, puissent naturellement communier avec les athlètes qui dévaleront le mur final. « Il faut agir dans le respect, mais continuer à voir ce qui est beau dans la vie », termine Marco Odermatt.

Johan Tachet, Adelboden