À Kitzbühel, c’est lui le patron. Il y a beau avoir une pléiades de stars dans les tribunes, entre Zlatan Ibrahimović, DJ Ötzi, Arnold Schwarzenegger et Jean Alesi, c’est bien Didier Cuche qui est le plus demandé. À 50 ans, le Neuchâtelois reste la légende absolue de la Streif, grâce à son extraordinaire palmarès de 5 victoires en descente (un record) sur la piste autrichienne. « Ressentir cette atmosphère, c’est toujours spécial, ça fait très plaisir », glisse-t-il à l’interview, après avoir dû répondre à maintes sollicitations tout en tentant de jeter un œil avisé au super-G de vendredi. « Cela fait déjà 13 ans que j’ai arrêté. Mais toujours avec beaucoup de plaisir de revenir ici dans ce lieu mythique du ski alpin. »

Ce vendredi, un autre Suisse avait toutefois les faveurs du public dans le Tyrol en la personne de Marco Odermatt. Le Nidwaldien a enfin inscrit son nom au palmarès d’une course lors du week-end du Hahnenkamm, succédant ainsi à son idole de jeunesse qu’est le skieur des Bugnenets. « Ce que Marco réussit dans les disciplines de vitesse, c’est magnifique », se réjouit Didier Cuche. « Le fait qu’il soit régulièrement devant a apporté une décontraction dans l’équipe de Suisse, un travail en profondeur, des gars qui se focalisent sur ce qu’ils ont à faire pour progresser. Et les jeunes ont les dents longues. Lors des entraînements, en été, en course cet hiver, ils ont remarqué qu’ils étaient capables de rivaliser avec lui. C’est beau, cette dynamique positive. »

Derrière Marco Odermatt et les Suisses

Si les Suisses poussent derrière « Odi », il sera bien le favori de la descente la plus mythique de l’hiver samedi. « C’est tout ce qui lui manque et il sera clairement le favori numéro un. Cependant, à Kitzbühel, que tu sois le meilleur moment skieur du monde ou que tu sois un débutant, il n’y a jamais la garantie de rallier l’arrivée sainement », rappelle « Kuke ». « Je souhaite qu’une chose: qu’il la gagne et qu’ensuite, on lui foute la paix pour les années qui viennent. Sinon, ce sera pareil l’année prochaine. »

Le quintuple vainqueur de la descente de Kitzbühel voit évidemment les autres Suisses comme principaux adversaires de Marco Odermatt. « Il n’aura pas la tâche facile, on l’a vu lors des entraînements », explique-t-il. « Franjo (von Allmen) est solide, Alexis (Monney) et Justin (Murisier) ont déjà gagné. Sans oublier les autres nations. Et ici, il y a toujours un athlète pour se surpasser davantage que lors des autres courses. Cela avait été mon cas en arrivant ici. C’était le cas de Cyprien Sarrazin aussi l’année dernière. »

Comeback en vue?

Enfin, sur le ton de la boutade, nous avons demandé à Didier Cuche s’il ne souhaitait pas effectuer son retour sur le Cirque blanc, une thématique à la mode en ce moment. « Oui, il y a de la nostalgie et même parfois des envies. Il y en a assez qui essaient. On va laisser passer l’hiver et on verra au printemps. Bon, j’ai dix ans de plus que Christof Innerhofer (ndlr: 12e vendredi), ça va être compliqué (rires). Mais peut-être que l’expérience peut aider… » Qui sait?

Laurent Morel, Kitzbühel/JT