Commentateur du ski féminin depuis 12 ans, le Vaudois va suivre sa dernière manche lors des finales de Coupe du monde à Hafjell. Il revient sur quelques moments qui ont jalonné son parcours de « Monsieur ski féminin » à la RTS.

C’est une page du ski suisse à la RTS qui va se tourner ce mercredi. Après 12 ans à commenter les courses féminines sur la chaîne publique romande, Romain Roseng va céder son fauteuil la saison prochaine. Le Vaudois a récemment été élu à la Municipalité de sa commune de Cossonay et doit logiquement faire des choix professionnels, même s’il aurait « volontiers continué jusqu’aux Championnats du monde de Crans-Montana ». Il continuera ainsi à suivre le cyclisme sur la RTS, mais ne pourra plus s’occuper du ski alpin.

« Lorsque j’ai commencé en 2014, je ne pensais pas rester 12 ans à ce poste », sourit le journaliste qui commente les épreuves des finales norvégiennes depuis Genève. « C’est assez rigolo de se dire que j’ai fait mon premier déplacement à Åre en décembre 2014 et le dernier au même endroit il y a dix jours. » La boucle est bel et bien bouclée. Durant sa carrière de « Monsieur ski féminin » sur la RTS, Romain Roseng assure avoir vécu beaucoup de moments marquants.

Les exploits de Lara Gut-Behrami

« Mes 12 ans ont surtout été marqués par les résultats de Lara Gut », devenue Lara Gut-Behrami durant son mandat. Pourtant, on n’a jamais eu une relation très fraternelle avec elle », ajoute-t-il. « Il y a notamment eu des conflits avec Swiss-Ski et je m’en souviendrai dans les bons comme les mauvais moments. » C’est d’ailleurs l’un des exploits de la Tessinoise qui a le plus marqué le Vaudois. « Son titre mondial en géant à Cortina en 2021 était un moment assez fort et surtout assez inattendu. Je m’en souviens très bien, même si nous commentions depuis Genève avec Hugues (ndlr: Ansermoz) en raison de la pandémie de Covid-19. Mikaela Shiffrin n’avait terminé qu’à deux centièmes… »

Au fil des années, Romain Roseng a noué une complicité certaine avec Hugues Ansermoz, qui a été le consultant à partager le plus souvent le micro avec lui. « Il y a eu des moments sympas, humoristiques », se réjouit-il. « À deux, on peut aussi se chambrer, plaisanter, c’est ce que j’aime bien dans le commentaire. » Au fil des années, le journaliste a également suivi de près l’explosion au plus haut niveau de plusieurs skieuses romandes. « Et ça a fait beaucoup de bien », avoue-t-il. « Je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup commenter de Romandes alors l’arrivée de Camille (Rast), Mélanie (Meillard) et plus récemment Malorie (Blanc) a fait du bien. » Et le titre mondial en slalom décroché par la Vétrozaine il y a un an à Saalbach l’a aussi beaucoup marqué.

Outre les Suissesses, Romain Roseng a développé au fil des années une relation privilégiée avec Federica Brignone. « C’est une sportive assez exceptionnelle qui m’a marqué sur la piste et en dehors. » Et en terme d’événements, il a eu l’occasion de suivre sur place de nombreuses manifestations. Mais s’il devait en retenir un, il s’agirait peut-être des Mondiaux à Vail et Beaver Creek, ses premiers, en 2015. « C’est la seule fois où je suis allé outre-Atlantique pour du ski alpin », se souvient-il, alors âgé d’à peine plus de 30 ans. « Il y avait eu des super résultats suisses et l’ambiance était spéciale. D’ailleurs, je n’étais pas très bien durant deux jours à cause de l’altitude. C’était particulier, à 7000 kilomètres de la maison. »

Plus récemment, Romain Roseng a été particulièrement touché par l’entretien qu’il a mené avec Madeleine Chamot-Berthod, championne olympique de descente en 1956 et désormais âgée de 95 ans. « C’était une vrai belle rencontre, un moment que je vais garder », confirme-t-il. Et s’il avait un conseil à donner à son successeur, qui n’est pas encore connu, c’est celui de « profiter ». « En tant que journaliste en Suisse, le ski alpin est probablement le plus beau sport à commenter », rappelle-t-il. « C’est parfois encore à l’ancienne, on peut côtoyer les athlètes, aller sur la piste à la reconnaissance, il y a des bons résultats toutes les semaines, tu visites de beaux endroits. » Le nouveau Municipal de Cossonay promet que s’il ne sera plus derrière le micro, il continuera tout de même à suivre les courses.

Laurent Morel, Hafjell