Quatrième du super-G olympique à seulement 0″03 d’une médaille, le Français manque une nouvelle fois le podium, lui qui enchaîne les performances de choix, sans parvenir à monter sur la boîte. Très déçu, frustré, il s’est exprimé après la course.

« Frustration, déception, colère et quand même de fierté de mon état d’esprit de la semaine, de mon engagement, de mon courage. » L’état d’esprit de Nils Allègre à l’issue du super-G olympique à Bormio est clair. Le meilleur descendeur français du moment, qui a versé des larmes, peut nourrir des regrets ce mercredi. S’il avait skié trois centièmes plus vite, il aurait atteint la troisième place de Marco Odermatt. Mais comme si souvent, il lui en a manqué.

Depuis le début de sa carrière en Coupe du monde, le skieur de Serre Chevalier est entré dans le top 10 à 29 reprises, rien que ça. Pourtant, il n’est monté sur le podium qu’une seule et unique fois, lors de sa victoire en super-G à Garmisch-Partenkirchen en janvier 2024. Dans la lignée de ses prédécesseurs tricolores, souvent si brillants dans les grands rendez-vous, il espérait combler cette anomalie durant les Jeux olympiques de Milan-Cortina, sur une Stelvio qui lui plaît. Huitième en descente, 5e en combiné par équipe et donc 4e en super-G, il sera donc resté dans ses standards, lui qui avait manqué le podium pour 0″04 et 0″07 à Val Gardena cette saison.

« La dure réalité du sport de haut niveau »

« Je suis en colère contre ce nouveau coup du sort », étayait l’athlète de 32 ans après sa course. « Les centièmes ne sont jamais du bon côté. C’est très dur à avaler pour le moment. Je vis un cauchemar. » Pourtant, le Français estime avoir produit le ski qu’il fallait pour rêver de médaille. « C’était vraiment une grosse manche, j’ai skié à mon meilleur niveau. Bien sûr, les trois centièmes qui me manquent, on peut les trouver partout, mais ça ne m’intéresse pas. C’est la dure réalité du sport de haut niveau. »

L’actuel 17e du classement général de la Coupe du monde se retrouve à la place du « con ». « C’est extrêmement dur sportivement, le moment le plus dur de ma carrière. » Nils Allègre assure pourtant avoir mis tout en place pour parvenir à ses fins. « Je n’ai pas fait de mauvais choix cette semaine, que ce soit sur le matériel, sur ma préparation, sur tout », a-t-il précisé. « Honnêtement, je ne peux pas être prétentieux de dire ça, mais ça ne l’est absolument pas parce que c’est la réalité. Aujourd’hui, je suis inconsolable. »

Laurent Morel, Bormio