Rien ne pouvait arrêter Marco Odermatt dans la conquête d’un quatrième triomphe en descente à Wengen. Sur le Lauberhorn, le Nidwaldien a attaqué et impressionné. Réactions.

Marco Odermatt va-t-il recevoir le passeport bernois? Après avoir fait sien Adelboden la semaine dernière, en remportant une cinquième fois de suite le géant, le boss du ski mondial a remis le couvert de l’autre côté du Schilthorn pour devenir le premier skieur de l’ère Coupe du monde. à avoir remporté quatre fois de suite la descente de Wengen. « Je me rappelle mes débuts, ici, il y a quatre ans. C’était en super-G et j’ai immédiatement gagné. Je me suis toujours bien senti à Wengen. Chaque année a été marquée par des moments forts, et cela continue encore aujourd’hui », savoure le Nidwaldien qui a réussi une nouvelle course d’anthologie sur le Lauberhorn.

Au prix d’une démonstration, il a prouvé, s’il le fallait encore, qu’il était bien le meilleur skieur du monde. « Aujourd’hui, dès la première porte, j’étais prêt à pousser. » Peut-être piqué au vif après avoir manqué le podium du super-G vendredi, l’homme aux 52 victoires en Coupe du monde, désormais, a su hausser le curseur. « J’ai gagné la course où je l’ai perdue hier, dans le Brüggli-S », assure-t-il. Pas de place aux doutes, Marco Odermatt a attaqué. « C’est ça la compétition. Si tu n’es pas prêt à prendre des risques, tu ne peux pas gagner une course à ce niveau. »

De quoi impressionner son dauphin Vincent Kriechmayr. « Sa course était impressionnante. C’était fantastique de le voir skier. Ce serait sympa s’il pouvait parfois un tout petit peu freiner », a applaudi l’Autrichien. « Et Marco nous met huit dixièmes sur une descente raccourcie. Imaginez seulement si on était partis du sommet. Je me demande combien il nous aurait mis. »

Franjo von Allmen et Alexis Monney, les centièmes du mauvais côté

Contrairement à la saison dernière, lorsque Marco Odermatt et Franjo von Allmen avaient réalisé le doublé, les Suisses ne sont pas parvenus à placer deux des leurs sur le podium. Mais il s’en est fallu de peu, pour une histoire d’une poignée de centièmes, tant pour Franjo von Allmen, que pour Alexis Monney. « Les centièmes étaient de mon côté lors du super-G, pas aujourd’hui », lançait le Bernois, 4e, au micro de la RTS, en faisant référence aux 0 »03 qui le séparent de la 3e place de Giovanni Franzoso. Mais il n’y a pas la moindre once de regret pour le skieur de Boltigen qui a frôlé la catastrophe dans le Brüggli-S, après avoir touché la bâche. « J’ai tout essayé, mais je n’ai peut-être pas pris tous les risques que je souhaitais. Au final, cela aurait pu être pire comme classement. »

Même constat chez Alexis Monney, à qui il ne manque que 5 petits centièmes pour monter sur le septième podium de sa carrière. « Je suis vraiment content de mon ski, c’était bien mieux que lors du super-G vendredi », analysait le Fribourgeois qui a réalisé, et de loin, sa meilleure prestation dans la station bernoise. « J’ai peut-être été trop gentil sur le haut, cela me coûte le podium. Mais au final, je ne peux qu’être content. »

Les regrets de Justin Murisier

Second romand au départ, Justin Murisier n’arborait pas la mine des grands jours après sa 17e place finale. « Je ne m’entraîne pas tout l’été pour faire des résultats comme celui-ci », pestait-il à la RTS. Le Valaisan n’est pas encore parvenu à accrocher le moindre classement dans les quinze cet hiver. « Je suis dans une phase de moins bien. Ce n’est plus le Justin de la saison dernière, lorsque j’étais en mesure de me battre pour le top 7 à chaque descente. Je vais devoir retrouver les bases techniques, car même dans les parties censées me convenir, cela ne passe plus », poursuivait le skieur bagnard qui a promis de s’entraîner en géant avant les épreuves de Kitzbühel la semaine prochaine, dernière chance d’accrocher un sésame olympique.

JT