Le coup de poker de Justin Murisier a failli payer lors de la descente de Val Gardena, mais le Valaisan manque encore d’un petit peu de constance pour jouer tout devant. Alexis Monney s’est lui fait une grosse frayeur mais s’en sort sans mal et repart de Val Gardena avec de la confiance. Réactions.
Joueur, Justin Murisier avait tout fait pour obtenir une meilleure position de départ à Val Gardena. En ne se rendant pas au tirage au sort vendredi, il s’assurait de partir après le dossard 45, après avoir été pénalisé par la FIS pour la descente de samedi. Et lorsqu’on sait que les conditions vont très souvent en s’améliorant sur la Saslong, le coup de poker méritait d’être tenté. « J’ai essayé, j’ai joué et ça a presque fonctionné », confirmait le Valaisan, finalement 16e. « C’est typique de Val Gardena, avec le soleil, la dernière partie est quand même plus facile à skier au fil des passages. »
« Je n’ai pas fait la manche optimale »
Il a donc tenté le pari, en argumentait que la FIS devrait peut-être aussi revoir les horaires d’une telle course. « C’est quand même très frustrant de faire des grosses performances à Val Gardena en partant avec des petits dossards et de finir entre la 20e et la 30e position », justifie-t-il. « Ça m’est arrivé à la première descente, ça m’est arrivé lors du super-G, alors que je fais vraiment une super manche. Donc je me suis dit pourquoi pas, je n’ai rien à perdre. Surtout qu’il faut encore se qualifier pour les Jeux olympiques à Bormio, sur une piste que j’adore, et que j’ai vraiment envie d’y aller. »
Las pour lui, le Bagnard n’a toutefois pas réussi à rejoindre les Franjo von Allmen ou Marco Odermatt, intouchables ce samedi, ne trouvant le rythme parfait que par intermittence sur le parcours italien. « Malheureusement, je n’ai pas fait la manche optimale, j’ai loupé quelques ‘timings’, ce qui fait que je me retrouve 16e », reconnaît-il. « Mais je pense qu’il y avait vraiment moyen d’aller chercher mieux que ça. Après, au final, je fais mieux que les trois dernières années ici (ndlr: il n’avait jamais fait mieux que 24e en descente ». Je ne pars pas d’ici en buvant le champagne, mais par contre, je prends quand même ce résultat. »
Janvier pour valider son ticket
Après trois jours lors desquels Justin Murisier a montré du bon ski en majorité, il ne repart qu’avec les points d’une 22e (descente sprint), 23e (super-G) et donc 16e places. Surtout, ce samedi, il lui a manqué 0″02 pour atteindre le top 15, qui aurait été synonyme d’un « demi-critère » de qualification pour les Jeux olympiques. La pilule est dure à avaler après avoir déjà terminé 16e en super-G à Beaver Creek, à 0″06 du top 15. Bormio et la Stelvio, l’une des ses pistes favorites, est encore loin. Surtout que cinq descendeurs (Franjo von Allmen, Marco Odermatt, Alexis Monney, Alessio Miggiano et Niels Hintermann) et deux super-géantistes (Marco Odermatt et Stefan Rogentin) ont déjà rempli l’entier des critères.
Pas simple à gérer mentalement pour l’ancien slalomeur, devenu ensuite géantiste et désormais descendeur? « Oui et non. J’ai participé à trois éditions des Jeux Olympiques déjà… Dans cette équipe, on est 8 ou 9 à pouvoir se qualifier pour les Jeux et 3, 4 ou même 5 d’entre-nous vont rester à la maison. » Mais le skieur de 33 ans reste ultra motivé. « J’aimerais en être. Je me donne les moyen d’être aux avant-postes. La bonne nouvelle, c’est que les courses qui arrivent me plaisent, que ce soit Wengen ou Kitzbühel. Rien n’est perdu, au contraire! Mes plus grandes chances vont arriver. » Justin Murisier garde le sourire. « Je suis très heureux de voir que je me bats avec les meilleurs. Et faire partie d’une équipe aussi forte, c’est aussi sympa quand même! Maintenant, c’est à moi de me bouger si je veux participer. »
Laurent Morel, Val Gardena
