Les athlètes helvétiques ont connu des fortunes diverses lors du slalom dominical d’Adelboden. Si Tanguy Nef peut se targuer d’un nouveau bon résultat dans le top 10, ses coéquipiers, Loïc Meillard, Marc Rochat et Daniel Yule, en attendaient davantage. Réactions.
Les supporters suisses sont restés sur leur faim dimanche lors du slalom d’Adelboden. Vingt-quatre heures après le cinquième succès de suite de Marco Odermatt en géant dans la station de l’Oberland bernois, les slalomeurs helvétiques n’ont pu rééditer pareille performance sur le Chuenisbärgli. « La confiance est quelque chose de très fragile. Elle est dure à construire et il suffit parfois d’un détail pour la perdre. Il y a forcément des hauts et des bas. Aujourd’hui, ça ne nous a pas souri », analyse Thierry Meynet, l’un des trois entraîneurs de l’équipe de Suisse de slalom.
Ce n’est pas faute d’avoir essayé, à l’image de Loïc Meillard, 5e de la première manche, qui a tenté son va-tout sur le second tracé, avant d’enfourcher. « On n’aurait pas été loin de la victoire avec Loïc, et malheureusement, ça se joue à très peu de chose. Il a tenté, il a joué, mais pour un centimètre, ça ne passe pas », poursuit le coach tricolore des slalomeurs helvétiques. « C’est amer et frustrant. Ce n’est pas ce que je visais », confie le skieur d’Hérémence, très frustré, même s’il a été vivement applaudi par les 14’000 fans amassés au pied de la piste. « J’aurais préféré être applaudi après un bon résultat. Mais là, c’est dur. »
Tanguy Nef confirme encore et toujours dans les dix
Au moment d’analyser la course, Tanguy Nef se montrait « triste » pour son compatriote. « Je ne lui souhaitais pas de terminer sur une élimination. Ça fait toujours mal quand un coéquipier sort. On a tous vécu ce genre de moments », souffle le Genevois qui se classe 8e et une nouvelle fois meilleur Suisse. « Je retiens surtout les émotions positives. C’était la première fois que je partais dans le top 7 ici, sur cette piste, avec ce public. Franchement, ça m’a donné des ailes. »
Avec son dossard numéro 1, Tanguy Nef n’a finalement pas eu de chance au tirage puisqu’il s’est élancé dans le brouillard en première manche avant que celui-ci ne se lève. « Mais je me suis bien battu », poursuit-il après avoir signé son quatrième top 10 en six slaloms cet hiver. « Je skie bien, je le sais, mais mon côté ‘scorpion’ a surtout envie d’être tout devant. Pour l’instant, je n’arrive pas encore à skier comme Paco Rassat qui découpe la piste et skie avec puissance et précision. Donc il faut remettre de l’ouvrage sur le métier. L’objectif, c’est de se rapprocher de ce niveau. »
Construire pour Marc Rochat, trouver des solutions pour Daniel Yule
Marc Rochat a, pour sa part, marqué ses premiers points de l’hiver après s’être classé 24e. « C’est un résultat sur lequel je peux construire », analyse le Vaudois qui se montrait tout de même déçu de ne pas avoir su répéter la même performance qu’en première manche à l’issue de laquelle il avait pris une très bonne 17e place. « Comme je l’ai toujours dit, finir 25e, ça ne sert pas à grand-chose. Il faut prendre des risques pour aller chercher un bon résultat. L’envie était clairement là aujourd’hui. Malheureusement, je n’ai pas su m’adapter au mieux sur le début du tracé en deuxième manche. »
Enfin pour Daniel Yule, la piste bernoise, sur laquelle il s’était imposé en 2020, s’est transformée en ‘Cheni-sbärgli’. « Oui, il y a beaucoup de déception, je n’ai pas été capable de démontrer ce que je souhaitais », mentionne le skieur du val Ferret qui a pris la 26e place finale. « Pour l’instant, la réalité ne correspond pas vraiment à ce que je pense être capable de faire. » L’homme aux 140 départs en Coupe du monde skie toujours à la recherche de constance sur deux manches après avoir signé un seul résultat dans le top 20 cet hiver. « J’ai vraiment l’impression de beaucoup chercher les sensations. Par moments, j’en trouve de bonnes sur certains passages, puis le rythme du tracé change, la pente change, il y a une variation de neige, et je n’arrive plus à m’adapter assez rapidement. C’est quelque chose qu’il faut comprendre et corriger. »
Johan Tachet, Adelboden
