Le Bernois sera l’un des grands favoris de la descente olympique ce samedi sur la Stelvio. Détendu, il aborde ses premiers Jeux olympiques sans se mettre trop de pression. Par ailleurs, il devrait disputer le combiné avec Tanguy Nef. Rencontre.

Il n’a que 24 ans, mais Franjo von Allmen connaît déjà les sommets du ski mondial. Il y a un an exactement, le prodige repartait des Championnats du monde de Saalbach avec deux médailles d’or dont celle de la descente. Depuis, il s’est notamment imposé deux fois à Crans-Montana (dont une fois il y a moins d’une semaine) et a surtout acquis le statut de l’un des tous meilleurs descendeurs de la planète. Sur le papier, il n’y a guère que son compatriote mais néanmoins adversaire Marco Odermatt, qui le devance encore dans les classements.

Retrouver Giovanni Franzoni sur les podiums

« Attention, il faudra également se méfier des Italiens évidemment, mais aussi des Autrichiens », souligne le Bernois, logiquement élevé au rang de favori de la descente. Pour lui, Dominik Paris est le candidat numéro un à la médaille d’or. Il sait qu’il devra également battre l’homme en forme du moment, Giovanni Franzoni. Petit clin d’œil du destin, il avait partagé ses trois podiums aux Championnats du monde juniors de Panorama avec lui, en 2022. L’Italien s’était imposé en descente et en combiné et avait pris le 3e rang du super-G, alors que Franjo von Allmen avait récolté trois médailles d’argent. « Je le connais depuis longtemps », confirme le champion du monde en titre à propos de son contemporain (ils sont tous les deux nés en 2001). « C’est cool de le retrouver ici, à ce niveau. »

Le skieur de Boltigen ne s’inquiète pas trop de voir d’autres nations défier les Suisses au plus haut niveau. « Ça fait même du bien d’avoir un petit peu de pression de l’extérieur », avoue-t-il, tout en espérant que les skieurs helvétiques pourront garder une longueur d’avance. Pourtant, le prodige ne se met pas de pression particulière pour le rendez-vous olympique. « Enfant, mon objectif n’a jamais vraiment été de devenir coureur de Coupe du monde et donc champion olympique. C’est quelque chose qui est venu avec le temps, au fil des années et des courses auxquelles j’ai participé. »

La Stelvio, une piste qui lui convient

Pour sa première rencontre avec les fameux anneaux, Franjo von Allmen n’est pas non plus complètement immergé dans l’ambiance olympique, du fait de la décentralisation de cette édition. « Ça ressemble passablement à une Coupe du monde, même si c’est plus grand », relève-t-il. « Mais vu que c’est mes premiers Jeux, je ne sais pas vraiment comment c’est habituellement. De mon côté, je vais profiter de connaître la piste et l’endroit pour essayer de présenter le meilleur ski possible. Ça aurait été cool de voir des autres disciplines aussi, mais c’est comme ça, on s’adapte et on se concentre sur ce qu’on a à faire. »

Quant à son rôle de favori, il l’assume. « Comment les autres m’imaginent ne me touche pas plus que ça, je sais ce que je veux réussir pour moi et c’est le plus important », souligne-t-il. « La Stelvio n’est forcément pas ma piste préférée et il me reste quelques passages à améliorer mais je l’apprécie et je peux y briller. J’y ai de bons souvenirs. » Des propos confirmés par sa 2e place en descente l’hiver dernier en Coupe du monde, alors qu’il n’en était qu’à son 2e départ dans la station lombarde.

Avec Tanguy Nef en combiné

Franjo von Allmen aura trois vraies chances de médailles à Bormio, lui qui est champion du monde de descente et de combiné par équipes et qui brille également en super-G. Pour l’épreuve qui réunit deux athlètes, programmée lundi, il va à priori devoir changer de partenaire. Champion du monde avec Loïc Meillard il y a un an à Saalbach, il devrait cette fois être aligné aux côtés de Tanguy Nef, puisque Marco Odermatt sera au départ et devrait composer une « dream team » avec le Valaisan. « C’était cool l’an passé avec Loïc mais je me réjouis aussi de partager cette compétition avec Tanguy. Je ne le connais pas extrêmement bien mais on avait partagé du temps l’an passé à Saalbach, après le triplé (ndlr: en combiné). Je crois que c’est un type très cool et décontracté. Je suis vraiment content. »

De quoi encore renforcer l’esprit d’équipe qui règne en Suisse, et que le monde entier envie. « Mais le matin, je prends mon petit déjeuner souvent tout seul car je ne suis que rarement de bonne humeur », a rigolé Franjo von Allmen, après avoir blagué sur le lien qui unit l’équipe des « chiens fous ». Mais il ne compte pas laisser Marco Odermatt ou Alexis Monney prendre la lumière samedi. « Je sais où je peux encore gagner du temps », glisse-t-il, pour remettre le sport au centre de l’attention. Le Bernois ira-t-il décrocher la première médaille d’or de ces Jeux? Réponse samedi dès 11h30.

Laurent Morel, Bormio