Après une semaine intense à Verbier, le Vaudois s’apprête à disputer sa cinquième course de Coupe du monde dimanche lors de la descente de Crans-Montana. Confidences.
D’un bout à l’autre du Valais, Gaël Zulauf ne se démonte pas. Après avoir avoir disputé quatre courses en cinq jours (plus un entraînement de descente) à Verbier, le skieur de Château-d’Œx enchaîne. Ce samedi, il était à Crans-Montana pour y participer à l’entraînement en vue de la descente de Coupe du monde. Car il aura l’occasion de disputer ce dimanche sa cinquième course parmi l’élite puisque les entraîneurs ont décidé de lui offrir une chance, au détriment notamment d’Arnaud Boisset, qui a lui aussi vécu des derniers jours très intenses.
Mais rien n’a été facile pour le Vaudois. Déjà, il a fallu digérer la difficile journée de vendredi dans le Val de Bagnes. En effet, alors qu’il brillait depuis quelques semaines (cinq top 6 dont trois podiums), Gaël Zulauf n’a pu faire mieux que 29e de la deuxième descente de Coupe d’Europe organisée à Verbier. Pourtant, il méritait mieux. Petit retour en arrière. Alors qu’il s’élance avec le dossard 12, le médaillé de bronze des Mondiaux juniors en super-G en 2021 réussit une très belle course et se retrouve même 2e au dernier temps intermédiaire, à quelques mètres de l’arrivée.
La poisse à Verbier
Malheureusement pour lui, en raison du brouillard, un drapeau jaune lui est affiché, l’obligeant à stopper son effort. Le Vaudois doit alors attendre, se reconcentrer et remonter au départ, pour finalement s’élancer après le dossard 38, dans des conditions bien moins bonnes. Logiquement, il ne pourra faire mieux qu’une modeste 29e place. « La journée d’hier a été très compliquée, notamment à cause de la météo », rappelle-t-il. « Le matin, à 8h30, il neigeait fortement. Lors de la reconnaissance, les conditions se sont calmées, puis au départ, vers 10h15, le soleil est même apparu. On pensait vraiment que ça allait être une belle course. Malheureusement, les circonstances n’ont pas été en ma faveur. »
Après avoir raté une place fixe en Coupe du monde descente pour un point la saison dernière à la suite de l’annulation de la course des finales de Coupe d’Europe, Gaël Zulauf espère ne pas à nouveau se retrouver coiffé au poteau. « C’est frustrant, mais c’est la course. On espère simplement que ce genre de scénario ne pèsera pas en fin de saison sur le classement général. Il reste encore deux courses en Norvège (ndlr: à Oppdal), et une à Saalbach pour les finales, sur des pistes techniques qui devraient mieux me convenir. » Actuellement, il occupe le 4e rang du classement de la spécialité, alors que les trois premiers seront récompensés.
Avant cela, le skieur de 25 ans va donc avoir l’occasion de s’offrir un deuxième départ parmi l’élite à Crans-Montana, après celui de l’hiver dernier. « Terminer ce bloc très chargé par une Coupe du monde à la maison reste quelque chose de très positif », se réjouit-il. « Le mois de janvier a été intense, et il a fallu gérer la fatigue, sans prendre de risques inutiles. C’est aussi pour cette raison que je n’ai pas couru à Kitzbühel. »
La présence de Gaël Zulauf sur le Haut-Plateau a été décidée jeudi soir, et n’a été possible qu’à la suite de la blessure à Kitzbühel de Marco Kohler, libérant ainsi une place au sein de la très compétitive équipe de Suisse. « Ce n’est évidemment jamais comme ça qu’on souhaite obtenir une place, et je lui souhaite un prompt rétablissement », a avoué le Vaudois. « Il ne reste plus beaucoup d’occasions de prendre le départ en Coupe du monde cette saison, alors on essaie d’en profiter au maximum. » Après Crans-Montana, il n’y aura plus que Courchevel pour les spécialistes de vitesse avant les finales à Kvitfjell.
Cependant et malgré la fatigue, Gaël Zulauf part avec des ambitions sur la Nationale. « La piste est exigeante, avec peu de marge d’erreur. Il faudra être précis, construire la vitesse sur le haut et bien jouer avec le terrain sur le bas », décrypte-t-il. « J’ai l’avantage de bien connaître ce tracé, pour l’avoir couru en Coupe d’Europe et déjà en Coupe du monde. Les conditions sont bonnes, le travail sur la piste a été bien fait, et malgré quelques marques, on peut vraiment attaquer. Physiquement, ça va. Le fait de ne pas disputer de qualification aujourd’hui me permet aussi de récupérer un peu après une série très dense de courses. L’objectif est clair: être prêt et tout donner demain, devant le public. » Alors qu’un car de ses supporters devrait faire le déplacement depuis son fief de Château d’Œx, le descendeur est bien prêt à marquer ses premiers points en Coupe du monde ce dimanche. Il s’élancera en Valais avec le dossard 50.
Laurent Morel, Crans-Montana
