En décrochant une fabuleuse victoire à Crans-Montana, Malorie Blanc a fait sourire tout un peuple, à commencer par ses proches, les membres de son fan’s club et son staff. Réactions, dans la folie du Haut-Plateau.

Aucun doute possible. L’accessoire à la mode ce samedi à Crans-Montana, c’est la casquette « Malo ». « J’étais fan de Lindsey Vonn, mais je viens de changer pour Malo », sourit l’une des près de 10’000 spectatrices et spectateurs présents dans les gradins de Crans-Montana. Au vu des circonstances, l’émotion est palpable dans l’ensemble de la station après la victoire de l’enfant du pays. Mais ce succès est particulièrement fort pour tous ceux qui ont entouré la championne dans les moments difficiles comme dans ses triomphes au cours des dernières années.

« C’est juste fantastique », répète en boucle Alexandre Blanc, le papa de la Valaisanne. L’imposant et toujours souriant géomètre n’en croit pas ses yeux mais vibre, une nouvelle fois, aux exploits de sa fille. « On est montés à 200 depuis Ayent », ajoute-t-il, comme pour remercier le fan-club. « Il y a des gens qui sont venus de partout, c’est fou, ne serait-ce que pour ça, que pour l’ambiance. » Le clan Blanc s’est transformé en foule. « Bon, on va peut-être retarder l’heure de départ du car pour rentrer », sourit encore le patriarche. Trois larges véhicules ont fait le déplacement depuis le village presque voisin d’Ayent en début de journée pour soutenir leur championne.

« Elle ne changera jamais »

Car s’il y a bien une chose qui caractérise Malorie Blanc, c’est sa proximité avec ses amis, sa famille et ses origines. « Elle ne changera jamais », sourit sa maman, Mariève. Et on ne peut que la croire, tant la vérité est éclatante depuis quelques années et les premiers exploits de sa fille, lors des Championnats du monde juniors 2024 notamment (trois médailles, dont deux en or).
À l’époque, Jvano Nesa était déjà son entraîneur. Le Tessinois l’a accompagnée jusqu’au sommet du Cirque blanc. « Cette victoire, c’est tout simplement splendide », souriait-il dans l’aire d’arrivée. « Mais c’est surtout un travail de longue haleine. Et puis, Malo adore cette piste, elle est très technique et rapide, et on sait qu’elle est capable d’y briller. C’est sensationnel de réussir ça ici. »

Surtout qu’il y a quasiment deux ans, c’est sur le Mont Lachaux que l’Ayentôte s’était gravement blessée au genou gauche. Mais après un début de saison timide, elle a donc su élever son niveau au meilleur des moments. « Son dossard (ndlr: le 17), c’était mon numéro fétiche, ma date de naissance », sourit encore Jvano Nesa, qui y a vu un signe. « J’y croyais un peu, mais de là à le faire, c’est trop beau. »

Surtout, deux ans après sa blessure, Malorie Blanc efface les derniers doutes qui pouvaient encore entourer son état physique. « Ses deux jambes sont désormais ultra solides », glisse-t-on dans son staff. « Son genou est resté ultra “silencieux” depuis le début de la saison », se réjouit Florian Lorimier, son préparateur physique. « Je suis très confiant pour la suite. Jusqu’à maintenant, elle était un peu frustrée. Et là, je pense qu’elle a mis toutes les pièces du puzzle ensemble. » Et ça tombe bien: dans une semaine à peine, elle aura l’occasion de remettre ça, lors du grand rendez-vous avec les anneaux olympiques à Cortina d’Ampezzo.

Laurent Morel, Crans-Montana