L’ancien champion était à Kitzbühel ce week-end pour les courses du Hahnenkamm et a pleinement savouré d’être de nouveau au cœur de l’action et de revivre les émotions qui ont accompagné ses six victoires dans la station tyrolienne. Entretien.
Pirmin Zurbriggen a vibré lors des fameuses courses du Hahnenkamm à Kitzbühel ce week-end. Revenir sur le lieu où il a signé six victoires en descente et en combiné – 41 ans après son premier succès dans la station tyrolienne – a fait renaître de grandes émotions et de beaux souvenirs chez le légendaire skieur suisse. Et il a expliqué pourquoi c’était peut-être une bonne chose que Marco Odermatt n’ait pas remporté la descente de samedi.
Pirmin Zurbriggen, vous voici de retour, 41 ans après votre première victoire sur la Streif. Que représente Kitzbühel pour vous?
Le mythe de Kitzbühel, c’est l’endroit, cette ambiance à l’arrivée. C’est une compétition avec beaucoup d’émotions, avec beaucoup de caractère, vraiment spéciale. Et il y a le prestige qui va avec, la grandeur, l’organisation, le nombre de gens qui sont là pour suivre l’action. C’est un spectacle, c’est quelque chose d’extraordinaire.
Il y a pourtant tellement de courses sur le Cirque blanc et d’autres classiques comme Wengen ou Adelboden. En quoi est-ce que la Streif est différente?
Pour moi, c’est la descente la plus difficile dans le monde entier. On sait ce que ça signifie pour chaque athlète qui dispute une course ici. Quand tu vois le schuss d’arrivée, quand tu vois le départ, c’est un challenge: tu sais que tu peux chuter, comme tant d’autres l’ont fait. Tu es toujours content quand tu franchis la ligne d’arrivée. Pour chaque athlète, Kitzbühel, c’est quelque chose.
Vous avez gagné six fois à Kitzbühel: trois fois en descente, trois fois en combiné. Quel effet cela vous fait-il d’être de retour ici un week-end de course?
J’ai beaucoup d’émotions qui se créent toutes seules parce que, quand je vois par exemple Justin Murisier, que je connais depuis qu’il est tout jeune, je sais ce que ça veut dire pour lui maintenant d’être au départ. Je sais que c’est un moment où il peut réussir et je sais qu’il va prendre tous les risques. Il va être extrêmement nerveux parce que j’ai vécu la même chose. Je me souviens très bien que j’avais le pouls à 150 déjà au départ! Et tu ne sais pas comment ça va se jouer à la fin. Je peux me mettre à la place de ces athlètes.
Mais cette fois-ci, vous étiez ici en tant que spectateur.
J’ai eu un grand plaisir à suivre la course en direct, sur place. Je voulais montrer une fois à ma famille ce que ça veut dire une piste pareille, comment ça se présente, les conditions. Parce que quand tu es sur place, tu vois les dimensions. À la télévision, ce n’est pas toujours le cas. Et c’est tellement génial de voir tous ces athlètes, tous ces gens que je connais. Ça ramène de supers souvenirs.
En parlant de champions, une victoire en descente à Kitzbühel est une des dernières choses qui manquent encore au palmarès de Marco Odermatt. Samedi, il a fini une fois de plus 2e. Que pensez-vous de sa performance ?
Je suis presque content qu’il n’ait pas gagné. Même si ça m’a fait mal au cœur pour lui. Mais comme ça, on sait qu’on va voir Marco Odermatt ces prochaines années encore ici à Kitzbühel! Je crois que c’est une grande chance pour la Suisse. Et je suis sûr qu’un jour, il va gagner.
Sim Sim Wissgott, Kitzbühel
