Grâce à un deuxième top 10 à Flachau mardi, l’Uranaise pourrait bien participer à ses premiers Jeux olympiques à Milan-Cortina le mois prochain. La skieuse de 26 ans sait en tout cas gérer la pression, que ce soit sur les lattes ou sur les bancs d’université. Réaction.
Eliane Christen n’arrête pas de surprendre. Devant un public autrichien enthousiaste mardi, l’Uranaise a fini 9e du slalom nocturne de Flachau, son deuxième top 10 en deux semaines. Avec cela, elle a rempli les critères de qualification pour les Jeux olympiques. Mais sous les projecteurs, la skieuse de 26 ans peinait encore à réaliser. D’autant plus qu’elle a un autre rendez-vous important cette semaine: un examen à l’université vendredi. « C’est un oral sur la physiologie régulatrice », a expliqué l’étudiante en sciences agronomiques à l’ETHZ (École polytechnique fédérale de Zurich). « J’espère que ça se passera aussi bien que la course aujourd’hui! », a-t-elle noté en rigolant.
Tout comme à Semmering il y a deux semaines, la jeune skieuse a impressionné dans la station salzbourgeoise. Partant avec le dossard 22, elle s’est hissée dans le top 10 dès la première manche, avant de livrer une seconde qui n’était que 24 centièmes plus lente que l’incomparable Mikaela Shiffrin. Le podium est peut-être encore éloigné, mais celle qui a fini 2e du classement de slalom en Coupe d’Europe l’hiver dernier, se positionne de plus en plus comme la troisième meilleure slalomeuse suisse derrière Camille Rast et Wendy Holdener. Un ticket pour Milan-Cortina serait la prochaine étape logique de son parcours.
Les critères sont remplis
« C’est un énorme rêve d’enfant qui se réaliserait si je pouvais me qualifier pour les Jeux », a noté la skieuse de l’Hospental, qui est arrivée bondissante et folle de joie à l’interview. « Je dois encore attendre la sélection officielle, mais d’avoir pu remplir les critères (ndlr: deux top 15 ou un top 7 cet hiver), c’est déjà grandiose », a ajouté celle qui a grandi tout près de chez Bernhard Russi, l’ancien champion olympique de descente, avec qui son père a aussi travaillé. « Je vais avoir besoin d’un peu de temps pour réaliser. »
Dans le portillon du départ mardi, impossible d’oublier ce qu’un bon résultat représenterait. « Notre entraîneur Beat Tschuor nous a dit hier: mettez les gaz, la qualification olympique est en jeu! Du coup c’était difficile de ne pas y penser », a-t-elle confié, amusée. « Mais j’ai réussi à mettre ça de côté: je me suis dit que si je pouvais montrer mon ski, tout irait bien. Du coup je me suis seulement concentrée sur ça. »
Besoin de pression
Eliane Christen n’a pas peur d’un peu de pression. « Ça fait du bien d’en avoir, il faut juste être capable de le gérer. Après tout, le sport ce n’est que de la pression. » En attendant la confirmation qu’elle sera du voyage en Italie le mois prochain, celle qui compte désormais 15 départs en Coupe du monde va s’entraîner quelques jours à Lenzerheide avec ses coéquipières avant le prochain slalom à Špindlerův Mlýn. Mais d’abord, elle va poser ses skis et reprendre ses notes de cours: il reste encore quelques détails à réviser avant son examen vendredi.
Sim Sim Wissgott, de retour de Flachau
