La déception du Nidwaldien était énorme après la descente de Kitzbühel samedi. Alors qu’il s’était fixé comme gros objectif cette saison de s’offrir enfin la victoire sur la redoutable Streif, la 2e place, et un 100e podium en Coupe du monde, avaient un goût amer. Réaction.

Marco Odermatt espérait que cette année, enfin, il repartirait de Kitzbühel avec le prestigieux « Gams » d’or en descente. Dès le début de la saison, le Nidwaldien a répété que s’imposer sur la Streif était un de ses principaux objectifs cet hiver. D’où l’énorme déception qui s’est lue sur son visage quand il a réalisé qu’il finirait une fois de plus 2e – et les larmes qui lui sont montées aux yeux sur le podium.

« Je sais que j’ai réalisé une course géniale. Mais je sais aussi quel était mon objectif et que je suis passé à côté pour si peu », a noté le champion après sa course, abattu comme on l’a rarement vu. « C’est ma propre faute, mais vu comment j’ai performé ces dernières années, je ne peux pas être satisfait de cette 2e place. » Malgré une course à la limite, il n’a pu surpasser l’Italien Giovanni Franzoni, dans une forme exceptionnelle depuis décembre, et a fini 7 centièmes derrière.

Un triste 100e

Pour un incroyable 100e podium en Coupe du monde, celui-ci avait donc un coup amer. C’est que le skieur de Buochs avait tout fait pour se donner les meilleures chances de victoire samedi. « Tout avait été préparé avec ce jour en tête. Je me sentais prêt, tout allait bien, je suis arrivé à Kitzbühel en pleine forme, le matériel était excellent, le corps, la tête… C’est pour cela que ça fait mal. J’ai vraiment mis tant d’énergie dans cette course aujourd’hui. » Après sa victoire en super-G la veille, il avait même consciemment contrôlé ses émotions – une leçon apprise l’année dernière lorsqu’il a triomphé en super-G pour la première fois, mais a ensuite échoué à la 6e place de la descente le lendemain. Cela n’a pas suffi.

Giovanni Franzoni, comme Cyprien Sarrazin

C’est en quelque sorte l’histoire qui se répète. Il y a deux ans, Marco Odermatt a cru – comme tout le monde d’ailleurs – qu’il allait ajouter la prestigieuse descente de Kitzbühel à son énorme palmarès. Mais sur deux départs en deux jours, le Français Cyprien Sarrazin lui est passé devant. Cette année, c’était un jeune Italien.

« C’est presque exactement le même scénario qu’il y a deux ans », a noté Marco Odermatt, un petit sourire amusé aux lèvres enfin. « Franzoni a signé un premier gros résultat en vitesse cet hiver à Val Gardena, puis a dominé à Wengen et ici. Il y a deux ans, c’était Sarrazin à Bormio, mais après c’était presque pareil. »

« Je me sens bête »

Le champion, qui est resté de longs moments dans la zone mixte samedi à fixer la piste, submergé par les émotions, a admis que sa réaction n’était peut-être pas compréhensible. « J’ai déjà eu tellement de succès et pu vivre tant de victoires, je me sens un peu bête d’être déçu par une 2e place. Mais j’avais un objectif plus grand aujourd’hui. »

Il compte en tout cas récupérer les centièmes qu’il a perdus samedi dans les semaines qui viennent. « Hier, les trois centièmes sont tombés de mon côté (ndlr: en super-G), aujourd’hui, il m’en manque sept, ce qui fait évidemment un peu mal. Mais j’espère bien récupérer le double bientôt. »

Sim Sim Wissgott, Kitzbühel